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Historique (1860-2010)

L’Association Prado Rhône-Alpes est une des plus vieilles associations lyonnaises s’intéressant à l’enfance et à l’adolescence en difficulté, elle émane de l’œuvre du Prado fondée en 1860 à Lyon par le Père Antoine Chevrier.

Sous le nom « Prado », on trouve deux organisations : d’une part, une société de prêtres menant des activités religieuses et d’autre part une association laïque adossée à une fondation reconnue d’utilité publique, dont l’objet est de s’occuper d’enfants, de jeunes gens et d’adultes en difficulté. Ces deux organisations partagent une origine commune, située à Lyon, il y a maintenant 150 ans.

L’histoire débute le 10 décembre 1860. Le Père Antoine Chevrier crée, dans un faubourg de Lyon, le quartier de la Guillotière, une Œuvre de première communion pour les jeunes garçons et filles pauvres n’ayant pu faire leur communion dans leur paroisse.

Né en 1826, le Père Chevrier était fils d’une ouvrière dans le tissage et d’un employé de l’octroi municipal de Lyon, gens simples qui ont connu les soubresauts de la révolte des Canuts.

Dès 1861, il obtient l’autorisation d’ouvrir une école libre et va ainsi s’inscrire dans le grand mouvement d’éducation des enfants pauvres et en difficultés*, mis en place depuis le début du siècle par des philanthropes, des pédagogues et des religieux.

Il instaure un système de « séries » : les jeunes, reçus par groupes, pendant 6 mois, reçoivent l’éducation religieuse nécessaire à la première communion, et, de ce fait, les rudiments scolaires. Il pose, par ailleurs, les grands principes qui feront l’ossature de son œuvre :

    • les enfants ne doivent pas travailler ;
    • ils sont pris gratuitement en charge par le Prado ;
    • l’œuvre doit vivre grâce aux dons.


"La salle de bal du Prado" dans le faubourg de la Guillotière de Lyon.
Le Père Chevrier la rachète le 10 décembre 1860.
Photo Adem

En 1879, quand disparaît Antoine Chevrier, son œuvre reste fragile en raison de moyens et d’un nombre de prêtres insuffisants. A cette époque, la République prépare ses lois sur la scolarité.

La période qui s’étend de 1879 à 1947 voit le Prado se maintenir dans une tradition fidèle aux préceptes de son fondateur dans la prise en charge des enfants : la formation religieuse, la formation scolaire et, pour certains, une initiation à différents métiers aux fins d’orientation.
Les premières réponses aux problèmes d’orientation après le système des « séries » ont été la création d’une œuvre de persévérance, puis, l’ouverture d’une école d’orientation professionnelle (vers 1930) et d’un Centre de Rééducation à Salornay en Saône et Loire (en 1933) visant à former aux métiers de l’agriculture.

En 1943, est créée une association de type Loi 1901 dénommée « Association de la Providence du Prado », dont le premier objectif est de prêter son appui aux œuvres de la Première Communion et institutions de redressement de l’Enfance Inadaptée dirigées par les prêtres et sœurs du Prado. Cette structure juridique, membre de l’Association Régionale pour la Sauvegarde de l’Enfance, permet au Prado de participer à la gestion d’établissements s’occupant d’enfants.

En 1944, les autorités religieuses de Nantes et Bordeaux demandent au Prado de prendre en charge respectivement un établissement pour jeunes délinquants et une œuvre pour enfants abandonnés.

A partir de 1945, l’Association du Prado recevra les habilitations préfectorales pour la prise en charge d’enfants et d’adolescents et donc, les financements afférents. Elle commence à assurer la formation de jeunes gens qui se destinent à la rééducation d’enfants, soit par ses propres moyens, soit en les incitant à s’inscrire dans des formations existantes.
C’est à cette époque que s’organise le suivi psychiatrique pour certains pensionnaires du Prado.

En 1948, un service social est créé pour le placement des enfants passés au Prado. Cette année verra également la création d'un organisme généralde « l’Etablissement de la Providence du Prado » (actuelle Fondation du Prado) qui sera reconnue d’utilité publique en 1950. Ces structures administratives permettent au Prado de participer à la politique éducative de l’Etat.

Dès 1969, on assiste à une décentralisation des établissements et à une déconfessionnalisation de l’action éducative. Face aux évolutions des jeunes accueillis, de la législation sur l’enfance inadaptée et l’arrivée d’éducateurs laïques, le Prado s'adapte à la réalité des objectifs de gestion administrative et pédagogique des établissements.
Progressivement, les responsabilités seront assurées par des laïques : en 1964 pour la Direction des Etablissements, en 1969 pour la Direction Générale et en 1971, pour la Présidence du Conseil d’Administration.

En 1995, « l’Association de la Providence du Prado » prend sa dénomination actuelle « ASSOCIATION PRADO RHONE-ALPES ».

En 2011, l'Association gère 19 établissements et Services et emploie environ 530 salariés.

* cf « un fondateur d’action sociale, Antoine Chevrier » ouvrage de Marius Alliod et Jacques Désigaux (Bayard édition)

 

Liens

Gallerie photos "Le Prado hier"

"Une histoire du Prado" : Chronique en 6 épisodes réalisée dans le cadre du 150e anniversaire du Prado

La frise Chronologique du Prado et de ses établissements

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